Gilets Jaunes : La propagande des médias des milliardaires ne passe plus, témoignage d’un journaliste.

Parmi les nombres choses révélée par la mobilisation des gilets jaunes, l’une concerne le monde de l’information et des médias. Chaines de télés et de radio détenues par des milliardaires (Drahi, Bouygues, Lagardère…) ou controlées par leur régime (service dit “public”), c’est le même traitement médiatique à base des mêmes éditorialistes passant d’un plateaux à l’autre, et qui pour des salaires délirants aboient contre le peuple les même slogans ultra libéraux éculés. Mais cela ne marche plus. La France des travailleurs rigole jaune lorsque c’est derniers annonent dans leurs journaux télévisés les éléments de langages et les chiffres directement recopiés des communiqués de Beauveau, Matignon ou l’Elysée alors que les images que diffusent leurs reporters démontrent en simultanée le contraire. La ligne éditoriale de ces médias est la même que la stratégie politique du régime Macron UE MEDEF. Le mépris de classe. Les artifices de communication ne suffisent plus à le masquer. Monde de réseau, les médias ont longtemps tenus les journalistes. Activant les vieilles ficelles du corporatisme. Mais cela ne fonctionne plus non plus. Comment la grande majorité des journalistes, en particulier les jeunes, pourraient ils se sentir solidaires des apathie, mazerolle,jeudy et autre barbier qui sont payés des fortunes – on parle de 30 000 € par mois pour apathie – pour cracher leur morgue contre les travailleurs à longueur de journée. Quand ils éructent contre les travailleurs voulant l’augmentation du smic ou de la précarité. Ce sont les techniciens de plateau, les équipes de réalisation, les journalistes reporter d’images, les correspondants locaux, les rubricards, les rédacteurs, les pigistes qui font en réalité fonctionner les médias qu’ils attaquent. Le peuple n’écoute plus les médias du Capital car leur mépris de classe est insupportable. Et nombre de journaliste, sur exploités par les même, en prennent conscience. Dans le domaine des médias également la mobilisation des gilets jaunes fait progresser la conscience de classe.


www.initiative-communiste.fr vous propose ce témoignage d’une journaliste, lue sur twitter le 8 décembre

 

“j’en peux plus de ce mépris de classe“
J’avais du mal à comprendre la défiance des gens vis à vis de BFM. Je suis journaliste et diplômée d’une école. J’ai donc décidé de regarder exclusivement BFM pendant trois jours. La suite va vous étonner.

Premier jour de mon long calvaire : surlendemain de la manif du 1er décembre. On apprend que plusieurs personnes sont blessées par des tirs de lacrymo. Une personne est décédée (Marseille) une autre a perdu sa main Pendant ce temps BFM passe en boucle un reportage sur Les CRS agressés par “les manifestants”. Oui … Les manifestants. Aucune personne ne parle des blessés, ni des conditions de travail desdits CRS (qui ont bossé plus de 20H. Ce sera le seul reportage de la journée. Pas un mot sur les gens dans les blocages, leurs revendications etc. Mais un expert business explique aux commerçants des champs élysées comment se faire rembourser des dégâts. L’animateur – qui devrait brûler se carte de presse – se lamente sur “les pauvres commerçants. (On parle quand même de multinationales dont la moitié payent pas leurs impôts en France, on est sur les champs élysées je rappelle c’est pas des patrons de PME). Le mec censé être journaliste continue sa litanie sur “les touristes qui vont avoir une mauvaise image de la France. Donc les gilets jaunes racontent qu’ils galèrent à bouffer le soir et BFM est en boucle sur les Qataris qui pourront pas acheter des sac Channel. Je suis journaliste, payée au smic. Je comprends pas tellement la logique de ce confrère.

Je rappelle qu’un journaliste ne doit pas donner son opinion mais interroger des gens. Je suis sceptique quant à la démarche de BFM, voire j’ai envie de brûler ma télé. En plateau un gilet jaune – enfin. Ils ont trouvé le seul GJ macroniste (il a voté macron et compte le refaire)

Blanquer est sur le plateau- s’en suit 40 minutes de non verification des faits total – on explique que la France est “en pointe pour faire payer les impôts aux Gafa – sans que personne intervienne. C’est pas de l’info, c’est un espace politique. Le gilet jaune appelle les lycéens à ne plus bloquer les lycées et à se calmer, Blanquer approuve. Le gilet jaune appelle à ne pas manifester le samedi qui suit. On se demande encore si c’est une chaine d’info.

Le reste de la semaine, c’est pareil et en pire. On répète en boucle “qu’il y aura des morts”, je savais pas que les journalistes étaient des prophètes. Une journaliste dit “les manifestants passent à l’offensive avec du sérum physiologique”. Je savais pas que de l’eau pouvait servir d’arme de guerre. Tout ce que j’ai appris à l’école (bien vérifier ses sources, ne jamais émettre de jugement de valeur ni d’avis personnel, bien vérifier à l’équilibre des paroles) n’est pas appliqué par BFM Et pire que ça – 80 % du temps d’antenne est réservé aux “experts” et autre éditorialistes. Ils ne sont jamais contredits et sont majoritairement libéraux, en accord avec la politique gouvernementale. Là aussi, c’est loin d’être du journalisme. Je vais pas vous faire toute la semaine sur BFM – juste aucune image des lycéens arrêtés à Mantes-la-jolie, toujours rien sur les blessés, rien sur l’enquête contre Ruffin, rien sur les rassemblements festifs. Alors que 80% du temps d’antenne c’est meubler sur du vide.

Samedi je vais manifester : marche pacifique, sans heurt (avec le cortège antiraciste) et bon enfant. Les scènes de danse ne sont pas reprise par BFM, à la place on voit non stop, les champs élysées qui brûlent.

Le mot “casseur” est prononcé 145 fois. Partout en France, des images de gens qui défilent – pacifiquement. Pour la première fois, les gilets jaunes et écolos convergent. Une image super forte puisque le mouvement des gilets jaunes part d’une “”grogne”” contre une taxe “”écolo””. Mais ça, BFM s’en fout. Ca fait pas du chiffre. Savoir que 175.000 personnes marchent ensemble, que les morts annoncés ne sont que fiction et que 80% de la France est calme. Ils sont en boucle sur Paris et les casseurs, de manière à croire que la mobilisation se résume à ça. Le retour des experts qui clament que “c’est un gros succès pour le gouvernement” et que “1300 arrestations c’est bien”. Donc on ne parle pas de du côté pacifique mais surtout on loue le fait que des gens aient été arrêtés, parfois parce qu’ils avaient des lunettes de piscine. Personne ne s’interrogera sur la légitimité des arrestations pour BFM, c’est normal (je rappelle qu’ils se prétendent journaliste). Aucun avocat, rien. Juste des gens qui se félicitent de l’action gouvernementale.

Je m’arrête là, incrédule et vraiment en colère. En colère parce que ça me heurte de voir qu’on fait la part belle à des éditorialistes, dont le seul travail est d’exposer un avis basé sur du vent, sans avoir parlé avec la moindre personne au smic depuis 1992. j’en peux plus de ce mépris de classe suintant, de la part d’une infime partie de notre profession. J’en peux plus de voir un fossé se créer entre les citoyens et les journalistes parce qu’il y a une dizaine d’abrutis qui déshonorent notre profession. Parce qu’une partie des journalistes trouvent ça plus “noble” d’aller diner avec Edouard Philippe et de faire un direct devant l’Elysée, plutôt que de sortir de Paris pour faire un reportage. chaque année, 60% d’une promotion sort de sciences-po, que les gens issus de la diversité, après un long parcours du combattant pour arriver à être diplômé, se retrouvent dans un monde du travail où le carnet d’adresse et les habitus sociaux comptent plus que bosser correctement. Je comprends, au vu de BFM, que les gens nous méprisent. Mais j’ai envie de leur dire : nous journaliste, on est aussi des damnés, prêts à bosser trois semaines sur une enquête pour toucher 100 euros, prêts à faire des journées de douze heures d’affilées à copier-coller des depêches de 5 heures du matin à 14 heures, à accepter de renoncer à tous nos droits élémentaires, a être payés moins que le smic horaire. Mais tant que des “experts” et autres éditorialistes, feront autant de mal à notre profession, ce sera très compliqué de renouer ce dialogue là avec le reste de la population.

Je vous laisse avec trois trucs entendus sur BFM.

Des CRS qui chargent des manifestants (non armés) à cheval. Et des gens en plateau (les mecs de BFM ont jamais vu un terrain de leur vie) qui s’extasient “c’est beau”. Un gilet jaune qui explique qu’il trouve ça scandaleux que l’Etat brade au privé les aéroports et les barrages. Un expert lui répond “de toute façon vous êtes pas un vrai gilet jaune, vous parlez trop bien pour être un gilet jaune.

source : Licia Meysenq sur Twitter

Par Pole de Renaissance Communiste en france : 

Lien : https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/giletsjaunes-la-propagande-des-medias-des-milliardaires-ne-passe-plus-temoignage-dun-journaliste/

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