Macron : intimidation et répression n’arrêteront pas les révolutionnaires ! (par le parti communiste maoiste)

Il y a plus de 3 mois, nous avions annoncé que le mouvement de masse commencé par les “Gilets Jaunes” allait être une lutte prolongée. Premièrement, une lutte prolongée dans le mouvement lui-même, puisqu’il entamera demain son Acte XIX, mais aussi une lutte prolongée pour la construction d’un mouvement révolutionnaire sérieux, organisé et déterminé dans l’Etat français, ce qui est notre tâche principale aujourd’hui.

Intimidation et répression, les outils de l’Etat bourgeois pour attaquer

Après plusieurs mois de lutte, le gouvernement de Macron, un gouvernement de la bourgeoisie impérialiste, a pris de nombreuses mesures, en plusieurs vagues, pour enrayer le mouvement de masse et criminaliser les révolutionnaires.

Il y a eu sur ces 4 mois plus de 9 000 interpellations liées aux Gilets Jaunes, qui se sont soldées par plus de 1 800 condamnations ; des nombres en constante hausse semaine après semaine. Ces condamnés, ce sont des femmes et des hommes des masses, que l’Etat souhaite casser en deux. Plus de 13 000 tirs de LBD, 2 200 manifestants blessés selon les chiffres officiels, et 11 décès, dont 5 Gilets Jaunes. En déployant son arsenal de répression, l’Etat a quadrillé les villes, détruit les structures sur les ronds points de campagne avec sa gendarmerie, et gazé sans compter. Face à l’autodéfense, il a attaqué très fort, souhaitant constamment afficher sa “fermeté”, jusque dans la justice bourgeoise qui lui répond. C’est d’ailleurs cette “fermeté” qui l’a conduit à remplacer le préfet de police de Paris, Delpuech, après l’acte XVIII et l’incendie du Fouquet’s. Toucher aux symboles de la bourgeoisie, c’est trop pour le gouvernement, qui réagit au quart de tour. La synchronisation avec laquelle le gouvernement a annoncé le “succès” du flop qu’a été le “Grand Débat” et ses mesures répressives renouvelées, montre bien la parodie de démocratie que la bourgeoisie essaie de nous vendre.

Mais l’Etat n’a pas fait qu’utiliser les outils déjà à sa disposition, il en a aussi testé de nouveaux, et a repoussé les limites de ce qui était permis légalement jusqu’à présent. Avec la loi “anti-casseurs”, passée en grande pompe au Parlement et seulement partiellement censurée par le Conseil Constitutionnel, il autorise des mesures administratives préventives et une répression plus forte sans que des preuves soient nécessaires. A partir de ce samedi, il appliquera dans les jets d’eau un produit chimique, qui permettra de tracer les manifestants comme du bétail, et qui peut servir de preuve devant les tribunaux. Lorsque même l’ONU invective l’Etat français, sans conséquence bien sûr car l’ONU est dirigé par les impérialistes où la France est en bonne place, ses chiens de garde dans les médias aboient au loup et demandent des excuses internationales.

Le plus grand symbole de cette dynamique, c’est le recours inédit ce samedi de l’Etat aux militaires de l’Opération Sentinelle, qui seront postés, en armes, sur des points stratégiques à défendre. Le gouverneur militaire de Paris l’a dit sur les antennes : “Si leur vie ou celle des personnes qu’ils défendent est menacée”, les militaires pourront “aller jusqu’à l’ouverture du feu”. Un tel déploiement de militaires contre une lutte des masses, c’est un rappel des soldats de l’Opération Sentinelle “passés” à Beaumont-sur-Oise l’an dernier autour d’un événement de La Vérité pour Adama, et surtout des gestions militaires coloniales et anti-ouvrières du XXème siècle, comme le déploiement de l’armée contre la foule en Martinique en 1974, ou lors des grèves de 1948. La répression de l’Etat du mouvement de masse va de pair avec celle des quartiers, puisque son dispositif de “Reconquête Républicaine” et de “zones à risque” annoncé par Castaner, semble de plus en plus couvrir de larges pans de l’Etat français à mesure que les semaines passent et que la révolte gronde, comme à Grenoble après la mort d’Adam et de Fatih.

Face à la répression, les révolutionnaires ne s’arrêteront pas

Comme hier, l’aggravation continue de la crise du système impérialiste amène les partis bourgeois de droite ou de gauche à prendre des mesures réactionnaires creusant le lit du fascisme au niveau de l’Etat. Dans ce contexte des partis fascistes dont l’idéologie a ses racines dans le passé, se développent en adaptant leur discours à la nouvelle situation. Les formes modernes du fascisme se forment au cours d’un double processus : renforcement réactionnaire de l’appareil d’Etat à travers une lutte idéologique, politique, culturelle entre les partis bourgeois de droite et de gauche et le développement et la structuration du Parti fasciste (FN), la multiplication des groupes fascistes et néo-nazis, la mobilisation réactionnaire des masses.

-Textes de Base du Parti Communiste maoïste

La bourgeoisie impérialiste fait face à une crise : crise de son impérialisme face aux pays qu’elle opprime, crise de son pouvoir politique sur les masses populaires en lutte, et enfin crise de son impérialisme face aux autres impérialismes concurrents. Depuis plusieurs décennies, cette situation de crise générale de l’impérialisme s’intensifie, et conduit à une restructuration de l’appareil d’Etat pour y faire face : un grand mouvement par lequel la bourgeoisie garde les rennes du pouvoir politique et les maintient vers elle à tout prix. Cette dynamique est valable dans le monde entier, c’est une caractéristique de l’époque du capitalisme pourrissant dans laquelle nous vivons. Dans l’Etat français, les mesures que nous avons évoqué plus haut sont quelques exemples d’une accumulation quantitative de répression, qui n’est pas une fin pour l’Etat bourgeois, mais seulement un moyen qui fait les choux gras de la frange la plus réactionnaire de la bourgeoisie, qui pousse toujours plus loin.

La bourgeoisie croit pouvoir briser les masses en mouvement, en s’en prenant à celles et ceux qui sont à l’avant, qui vivent l’exploitation et l’oppression tous les jours, qui s’organisent pour lutter pour leur vie. C’est à ça que sert sa police, c’est à ça que la bourgeoisie est réduite derrière ses discours de “défense des droits et libertés”. Nous savons, grâce à l’expérience historique, que la classe bourgeoise au pouvoir ne recule devant rien pour se maintenir et pour attaquer celles et ceux qui relèvent la tête. Nous en tirons cette leçon : il faut rendre coup pour coup. Un ennemi qui ira jusqu’au bout, c’est le signe que nous non plus ne devons pas nous arrêter.

Face à la structuration et la construction d’un mouvement révolutionnaire, demandé par les masses dans l’Etat français qui en ont assez de l’impuissance, l’Etat bourgeois s’arme lui nécessairement d’un mouvement contre-révolutionnaire le plus féroce possible. Parfaitement conscients de cette réalité, nous devons développer l’autodéfense populaire, et permettre à nos frères et sœurs de classe et des masses populaires de lutter pour la conquête et la construction du Nouveau Pouvoir révolutionnaire ici et ailleurs. Cette révolution n’est possible qu’avec trois instruments : le Parti, la Force Combattante et le Front Uni. C’est notre méthode, notre tâche constante dans la lutte en cours et dans les luttes à venir. C’est de cette manière, et seulement de cette manière, que nous parviendrons à gagner.

Face à la répression, rendons coup pour coup !

Solidarité de classe avec celles et ceux que l’Etat bourgeois arrête, mutile et emprisonne !

Macron, en prison !

Par parti communiste maoiste : Lien

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