France Lutte de classe

Park Hyatt Vendôme: victoire après 87 jours de conflit

Les grévistes du Park Hyatt Vendôme ont conclu vendredi un accord avec le palace parisien et le prestataire de nettoyage STN portant sur les représentants du personnel et les salaires, mettant fin à un conflit dur qui aura duré 87 jours.

La grève avait commencé le 25 septembre à l’appel de la CGT Commerce et de la CGT-HPE (Hôtels de prestige et économiques) pour obtenir l’embauche directe par l’hôtel des salariés de STN (femmes et valets de chambre, gouvernantes…) affectés sur le site, ainsi que des augmentations de salaire.

Les grévistes ont obtenu gain de cause sur «les revendications les plus importantes», estime Didier Del Rey, de la CGT Commerce de Paris, précisant qu’ils reprendraient le travail lundi.

La «grève a été dure», avec du personnel mobilisé «tous les jours de 10h00 à 15h00, du lundi au samedi» devant le palace de la prestigieuse rue de la Paix, rappelle-t-il, et «la direction a joué le pourrissement du conflit».

«Il y avait 62 grévistes au départ, 43 à la fin», indique M. Del Rey, pour qui l’obstination du personnel employé par STN a fini par payer.

Dans un communiqué, la CGT parle d’une «victoire éclatante», même si la revendication d’intégrer le personnel du Park Hyatt Vendôme a été «abandonnée», comme le souligne la direction de l’hôtel.

Néanmoins, les salariés de STN pourront se porter candidats pour devenir représentants de proximité au sein du palace lors des prochaines élections professionnelles en 2019. Pour ces salariés d’une entreprise de sous-traitance, «cela constitue un véritable pied de nez aux ordonnances Macron qui ont exclu ces salarié(e)s de leur droit à être représenté(e)s dans les entreprises utilisatrices», se réjouissent la CGT commerce de Paris et la CGT-HPE.

Les grévistes obtiennent également l’alignement des salaires sur ceux, plus favorables, du Hyatt Etoile, a indiqué à l’AFP un porte-parole de l’hôtel. «La mise en place et le phasage» de cette disposition «doivent être discutés lors des négociations annuelles obligatoires en 2019», a-t-il précisé.

Ils ont aussi obtenu «un statut collectif largement supérieur aux minima conventionnels de l’hôtellerie et de la propreté», affirme la CGT.

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HÔTELLERIE. VICTOIRE POUR LES FEMMES DE CHAMBRE DU HYATT PARIS VENDÔME

 

Lundi, 24 Décembre, 2018
Lola Ruscio

Au bout de 87 jours de grève, ces employées en sous-traitance du palace ont obtenu vendredi un accord historique qui conforte leurs droits et en crée de nouveaux.

Les femmes de chambre reprennent aujourd’hui le chemin du travail, la tête haute. Trois mois de grève tendue ont été nécessaires pour faire plier le palace parisien Hyatt, à quelques pas de la luxueuse place Vendôme. Ce donneur d’ordres sous-traite le ménage à l’entreprise STN Groupe, qui emploie des salariées, la plupart d’origine africaine. Voilà que, fin septembre, un conflit social éclate sur un trottoir du chic 2e arrondissement : avec des sifflets, casseroles et autres tambours, des gouvernantes et femmes de chambre, réclament leur intégration dans les effectifs de l’hôtel cinq étoiles. L’accord conclu vendredi ne remet pas en cause le modèle de la sous-traitance, utilisée pour abaisser les coûts et augmenter la rentabilité de l’entreprise, la direction ayant opposé une fin de non-recevoir. Mais la CGT des hôtels de prestige et économiques (HPE) et l’US CGT (commerce et services) ont renforcé les acquis sociaux et gagné des droits innovants.

« Un véritable pied de nez aux ordonnances Macron »
Pour la première fois, ces salariées en sous-traitance pourront présenter des candidats aux élections professionnelles du donneur d’ordres. Elles ont obtenu «la désignation d’ici fin 2019, de treize délégués de proximité qui les représenteront au sein de l’hôtel», précise Kandi Tiziri, de la CGT-HPE. Il s’agit d’« un véritable pied de nez aux ordonnances Macron. C’est un exemple à suivre pour l’ensemble des salarié·e·s de la sous-traitance en France et un pas vers la reconstitution de la communauté de travail dans les entreprises », ont estimé, par voie de communiqué, les syndicats. Une victoire savoureuse sachant qu’une autre ordonnance interdit désormais aux salariés d’un sous-traitant d’être élus représentants du personnel dans la société où ils sont mis à disposition. Quant aux salariés employés directement par le palace, en grève pour obtenir une hausse de leurs salaires de 3 euros de l’heure, ils ont obtenu l’alignement par le haut de leur grille de rémunération sur de l’hôtel Hyatt Regency Paris-Étoile.

« La lutte paie, se réjouit Kandi Tiziri, les grévistes récoltent les fruits de leur mobilisation exemplaire. » Un droit supplémentaire a été arraché de haute lutte : les acquis sociaux, obtenus par des luttes précédentes, seront inscrits noir sur blanc sur le contrat de travail chez STN Groupe. Par exemple, le treizième mois et la suppression de la clause mobilité gagnés en 2013 seront maintenus même si l’hôtel Hyatt signe un contrat avec un nouveau prestataire. « On n’aura plus à batailler pour préserver notre droit à l’évolution de carrière, le remboursement à 100 % du pass Navigo et les tickets restaurants, ajoute Nora Khalil, déléguée syndicale CGT HPE chez SNT groupe. Le sous-traitant change régulièrement dans ce milieu et chacun met en place sa propre politique économique. Pour remporter le deal, ils sont prêts à toutes les économies sur notre dos. »

« On a subi un acharnement de la part de policiers »
Ce n’est pas tous les jours, également, que des représentants du personnel d’un sous-traitant négocient à la même table que leur donneur d’ordres. Ce dernier a tendance à nier le lien de subordination pour se dédouaner de toute responsabilité. « D’habitude, le dialogue s’installe avec le prestataire. C’est la première fois que les directions du Hyatt ont accepté de négocier avec nous. Il faut dire que c’est eux nos vrais patrons », se satisfait la syndicaliste Nora Khalil, en première ligne sur les conflits sociaux qui ont secoué le palace. « Cette grève a été particulièrement dure. On a subi un acharnement de la part de policiers », estime la syndicaliste. « Une fois, ils sont venus nous déloger du piquet de grève. J’ai reçu des coups sur ma main gauche, les pompiers sont arrivés pour m’évacuer », s’indigne-t-elle. Des employés ont été débauchés pour remplacer les grévistes sur leur lieu de travail. « Tout a été fait pour nous décourager, on a tenu grâce à la solidarité », sourit Kandi Tiziri. Cette victoire pourrait encourager des employés de sous-traitants à rejoindre, à leur tour, l’aventure de la grève.

Par le Front Syndical de classe : http://www.frontsyndical-classe.org/2018/12/park-hyatt-vendome-victoire-apres-87-jours-de-conflit.html

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