Soudan : renversement d’Omar el-Béchir, l’armée occupe le pouvoir (Par la cause du peuple)

Au Soudan, depuis décembre 2018, de grandes manifestations ont lieu. Elles ont commencé par des protestations contre la hausse du prix du pain et contre le dollar américain. Le 19 décembre, des bâtiments ont flambé sous la colère des Soudanais, et le mouvement de masse a pris comme un feu de poudre.

4 mois plus tard, le président Omar el-Béchir, en place depuis 1989, a été renversé par l’armée le 11 avril alors que les manifestations devenaient de plus en plus massives. On entendait des slogans comme “Nous sommes tous Darfour” dans les manifestations, en référence à la région de l’ouest du Soudan où l’armée mène une guerre depuis 2003.

Le Soudan est un grand pays d’Afrique, avec plus de 40 millions d’habitants, et il est dirigé par depuis des décennies (depuis la décolonisation) par des bourgeois compradores, à la tête de l’armée. Le Soudan a de grosses réserves pétrolières, qu’il vend principalement vers la Chine et ses autres partenaires commerciaux, comme dans le Golfe, à cause des tensions qui existaient entre le gouvernement d’el-Béchir et les USA.

En 2011, le Soudan du Sud, qui faisait partie du Soudan, a pris son indépendance, et avec lui, le pouvoir du régime Soudanais s’est considérablement affaibli car ses ressources en pétrole ont immédiatement été contestées. Pour le peuple au Soudan, cela veut dire montée des prix en flèche, pauvreté généralisée, chômage (20% en 2017) et guerre entre riches.

Cette situation a causé l’explosion de décembre et de ce début d’année, le peuple s’est rebellé contre un système injuste. Mais la réaction de l’armée est-elle une victoire ? Loin de là, car si el-Béchir a bien été renversé l’armée a gardé le contrôle avec Ahmed Awad Ibn Auf, lui même haut dirigeant du régime sous el-Béchir. Comme Bouteflika en Algérie, el-Béchir n’était qu’une marionnette, et il n’est pas étonnant qu’une fraction de la bourgeoisie au pouvoir, représentée par l’armée, s’en débarrasse lorsqu’il concentre la haine légitime du peuple.

Les manifestations continuent toujours après ce coup d’Etat, et de nombreuses parties des masses populaires souhaitent ne pas laisser la main libre à l’armée et aux impérialistes.

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